L’Observatoire des religions

L’impératif démographique

samedi 23 juin 2007

« Croissez et multipliez », l’injonction divine a trouvé dans la Torah et la tradition juive un terrain de prédilection. Tout est fait pour obliger le couple à avoir le plus possible d’enfants : célibat dévalorisé, mariage précoce, interdiction de ruser avec la nature : l’onanisme et l’homosexualité sont punis de mort, instrumentation du cycle féminin. Résultat : la Judée a été dans l’Antiquité une terre d’émigration très importante.
On l’a vu par ailleurs [1], en tant que célibataire, Jésus ne pouvait pas être bien vu de sa communauté d’origine. « Un homme qui n’a pas connu de femme ne peut être appelé Adam », enseigne la Thora. Le célibataire est un « Adam incomplet ». Il n’est pas autorisé à officier le jour du Kippour. « Il est inachevé et de ce fait ne saurait représenter la communauté » [2]. Le rabbin va jusqu’à parler comme d’un droit à la sexualité, de sexualité assurée » [3].
Comme l’homosexualité est considérée comme une abomination, que le mariage est précoce et que ruser avec la nature est interdit (Onan est foudroyé par Dieu pour avoir répandu sa semence hors du réceptacle approprié de son épouse), la norme est non seulement hétérosexuelle, mais encore reproductive.
Cette norme est en outre complétée par un dispositif concernant le cycle féminin, qui porte au maximum les facultés procréatives du couple.

[1] L’impératif érotique

[2] Eisenberg, Abécassis, op. cit. Docteur Isidore Simon, « L’étude du « devoir conjugal » dans la médecine hébraïque traditionnelle », in Revue d’Histoire de la médecine hébraïque, mars 1974, n°106, p. 11-16.

[3] Id. t. 2, p. 180


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