L’Observatoire des religions
Un livre posthume de Hans Kelsen

Etre ou devoir-être, telle est la question

samedi 21 juillet 2007

Dans ce livre posthume et inachevé, Hans Kelsen opère la distinction radicale entre les deux modes d’être. D’un côté, la norme posée par un acte de volonté et régissant la société. De l’autre, le domaine de la nature où règne le principe de la causalité

Si Hamlet, qui se piquait de morale et de philosophie, avait pu lire Hans Kelsen, peut-être aurait-il commencé sa célèbre tirade par ce vers : « Etre ou devoir-être, telle est la question. » En effet, la Théorie générale des normes traduite en français dix-sept ans après sa parution en allemand, place, en son centre, une distinction radicale des deux modes de l’être. Et les conséquences, comme on le verra, pourraient être beaucoup plus dangereuses pour tout ordre moral ou juridique que ne l’étaient les élucubrations du prince d’Elseneur pour le royaume du Danemark.

On pouvait déjà en France avoir un aperçu de ce qu’il faut bien appeler la révolution kelsénienne. En effet, la Théorie pure du droit traduite plusieurs fois est, en principe, bien connue des docteurs de la philosophie du droit. Le présent ouvrage, posthume et inachevé, est l’apothéose de la pensée du maître de l’école de Vienne. Epaisse, ardue, cette somme est d’un abord difficile. Mais tout lecteur qui aura fait l’effort d’y pénétrer, même celui qui connaissait les ouvrages antérieurs, sortira transformé de cette aventure intellectuelle.

Pour bien lire Kelsen, il faut d’abord avoir en tête la définition de la norme, qui signifie tout simplement que quelque chose doit être. La norme , le devoir-être , est le produit d’un acte de volonté. Elle n’a donc aucun rapport et ne peut en avoir aucun avec la raison. La raison ne peut créer de norme. La norme, posée par un acte de volonté humaine, a au sens propre du terme un caractère arbitraire, même si elle doit tenir compte de la réalité, comme Kelsen le reconnaît par ailleurs.

A partir de là, l’enchaînement est impeccable et implacable.

Hans Kelsen, Théorie générale du droit et de l’Etat, suivi de La doctrine du droit naturel et le positivisme juridique, traduit par Béatrice Laroche et Valérie Faure, Introduction de Stanley L. Paulson, Bruylant - L.G.D.G.

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