L’Observatoire des religions
Rockfeller et Harper

Deux baptistes à l’origine de l’Université de Chicago

lundi 17 septembre 2007

L ’université de Chicago ne serait pas née en 1892 sans la rencontre de deux baptistes, l’un magnat du pétrole et l’autre, professeur à Yale, John D. Rockefeller et William Rayney Harper. Depuis longtemps, les baptistes s’intéressaient à l’éducation supérieure pour leur clergé et pour les laïcs. Et leur attention avait été attirée par le Middle West où le nombre de leurs congrégations augmentait le plus rapidement. Chicago en pleine croissance économique et démographique était l’endroit idéal pour implanter une nouvelle université de leur obédience.

Rockefeller et Harper se rencontrent une première fois le 13 octobre 1888. Au début, le magnat du pétrole ne veut entendre parler que de la fondation d’un collège pour des élèves sortis de l’enseignement secondaire. « Je suis tellement sollicité, écrit-il, que je n’ai pas vraiment besoin d’une université pour absorber mes surplus. » Et il voudrait bien que l’Eglise baptiste s’engage de son côté. C’est ce qui explique la lettre du 15 mai 1889 qu’il envoie à l’American Baptist Education Society. Rockefeller s’y engage à verser 600 000 dollars, mais non sans imposer certaines conditions. D’abord seul le revenu de ce capital pourra servir à couvrir des dépenses courantes. Surtout, pour que cette dotation soit effective, il faudra encore réunir, d’ici au 1er juin 1890, 400 000 dollars supplémentaires auprès d’autres partenaires qui aient l’agrément de la Société américaine d’eéducation baptiste et de lui-même, ce capital étant destiné à l’achat de terrains et à la construction de bâtiments.

Il fallut alors travailler ferme pour réunir ces 400 000 dollars. En deux mois, les baptistes de Chicago réunirent 250 000 dollars. Auxquels s’ajoutèrent 50 000 dollars provenant de congrégations baptistes non chicagoïennes. Enfin, de riches Chicagoïens non baptistes apportèrent le solde. L’université de Chicago pouvait démarrer avec 1 million de dollars. A la rentrée d’octobre 1892, elle ouvrait ses portes avec 594 étudiants, 103 professeurs (plus d’un professeur pour six étudiants) sur un campus de 203 acres (82 hectares) - un site qui était déjà programmé pour recevoir l’Exposition universelle de 1893. En 1901, le même Rockefeller poursuivra son oeuvre de donateur en fondant à New York le Rockefeller Institute for Medical Research (devenu, en 1965, la Rockefeller University), en 1902, le General Education Board et, en 1909, la Rockefeller Sanitary Commission, absorbés au sein de la Fondation Rockefeller, créée en 1913.

Le premier million réuni à Chicago a fait des petits. Surtout, il a attiré à lui beaucoup d’autres donateurs - parmi lesquels nombre d’anciens élèves qui ont fait fortune. L’université disposait au 30 juin 2001 d’un capital de 3,5 milliards de dollars - plus de 3 500 fois la mise initiale (la valeur était montée au-dessus de 3,8 milliards en 2000, mais elle a baissé après le 11 septembre 2001). Aujourd’hui, Chicago est à la recherche de 2 milliards supplémentaires - une somme qu’elle espère collecter d’ici à 2006. Car dans la compétition féroce que se livrent les universités américaines pour capter les meilleurs étudiants et les meilleurs professeurs, le capital est l’une des armes les plus importantes, et l’université de Chicago, de loin, n’est pas la mieux dotée. Elle vient au 9e rang, loin derrière Harvard (17 milliards de dollars), Yale (près de 10 milliards), Princeton et Stanford (8 milliards), Massachusetts Institute of Technology (6 milliards), Emory, Columbia et Washington University of Saint Louis (4 milliards).


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