L’Observatoire des religions

Philippe Loir

jeudi 7 juin 2007

Fonctionnaire européen à la retraite, ancien collaborateur de la COMECE(Commission des Episcopats de la Communauté Européenne).

Trouvez-vous que les questions religieuses occupent une place suffisante dans la campagne présidentielle française ?

R. Je n’ai pas entendu ou lu que les candidats aient fait des propositions en matière de politique religieuse, à part peut être Sarkosy en ce qui concerne la représentation des musulmans. Cela montre que la question religieuse est apaisée en France et que nous vivons dans un état laïc dans lequel chacun reste à sa place ; je ne peux que m’en réjouir. Je note que pour le moment on ne parle pas de l’influence supposée ou réelle de l’extrémisme musulman sur le vote des musulmans en France.

Qu’attendez-vous du prochain Président de la République française en matière religieuse (budget des cultes, enseignement, presse, législation.. ? Et en matière de sectes ?

R. Qu’il continue l’attitude du président actuel : distance, respect, non ingérence. Budget des cultes : il n’y a pas lieu d’avoir un budget des cultes dans un état laïque. Toutefois le financement des lieux de religion musulmans se pose pour éviter que ces financements proviennent de fonds extrémistes étrangers. C’est, je pense, le rôle des municipalités de trouver des réponses adaptées à chaque situation. Enseignement : puisqu’il existe un enseignement chrétien, il doit pouvoir exister un enseignement musulman dans le strict respect des lois de la république. En matière de secte je ne pense pas qu’il y ait quelque chose à changer dans la réglementation actuelle.

Trouvez-vous que le traitement des religions en France a été équitable au cours du dernier quinquennat ?

R. Oui.

Que pensez-vous de la notion « Islam de France » mise en circulation par le Ministre français de l’Intérieur ? Voudriez-vous d’un christianisme de France, d’un judaïsme de France, etc… ?

L’idée d’un christianisme de France est à rejeter car il fait appel au communautarisme qui est détestable pour une spiritualité qui se présente comme universelle. Ce qui ne veut pas dire que l’Eglise de France n’ait pas à affirmer son identité propre qui découle de son histoire et du caractère de ses habitants. Avec l’Islam, la situation me semble différente car c’est une religion nouvelle en France, sans grandes traditions et parcourue par des courants très différents. L’Islam en France ne doit pas pouvoir devenir le porte parole d’un islam étranger hostile aux valeurs françaises. Aider l’Islam à s’organiser pour qu’il respecte les valeurs de la république me semble utile. Le ministre de l’Intérieur s’y est essayé mais je ne suis pas en mesure d’apprécier la pertinence de son action.

Comment situez-vous la France par rapport à ses voisins européens sur ces questions ?

R. Il n’y a pas lieu de situer les pays les uns par rapport aux autres en dans l’Union européenne où la liberté de religion est reconnue et respectée. Chaque pays organise légitimement ses religions suivant ses traditions, son histoire et son équilibre politique.


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