L’Observatoire des religions

Pierre-Henry Pouchelon

jeudi 7 juin 2007

Délégué National des Jeunes Populaires de l’UMP

Trouvez-vous que les questions religieuses occupent une place suffisante dans la campagne présidentielle française ? Je ne pense pas que la religion doit être un sujet de campagne car la religion fait parti de la sphère privée, néanmoins il y a des orientations politiques différentes entre la droite et la gauche à ce sujet. La gauche dans sa tradition matérialiste a une volonté farouche de traiter les problèmes uniquement au plan social, et refuse d’identifier les problèmes religieux en tant que tels. Les questions de la place des religions, de la religion comme forme d’espérance qui permet de vaincre ses peurs, de l’intégrisme musulman en France doivent être posées.

Qu’attendez-vous du prochain Président de la République française en matière religieuse (budget des cultes, enseignement, presse, législation en matière notamment de mariage, d’avortement, d’euthanasie, de procréation ? Et en matière de sectes ? Le rôle du prochain Président de la République sera de garantir une vraie laïcité, qui ne fasse pas la guerre aux religions mais qui au contraire en assure le respect.

Trouvez-vous que le traitement des religions en France a été équitable au cours du dernier quinquennat ? Comme je l’ai dit dans ma première réponse, les religions ne doivent pas faire l’objet d’un « traitement » par le politique. Le politique doit faire respecter la laïcité, principe cardinal de notre République, c’est ce qui a été fait par le gouvernement actuel..

Que pensez-vous de la notion « Islam de France » mise en circulation par le Ministre français de l’Intérieur ? Voudriez-vous d’un christianisme de France, d’un judaïsme de France, etc… ? Il existe depuis des siècles un christianisme et un judaïsme de France comme il existe des racines judéo-chrétiennes en France et en Europe.
En revanche, il reste aux musulmans de France qui ont importé une religion relativement nouvelle par rapport aux deux autres monothéismes de définir et de développer l’Islam de France. C’est ce qu’a voulu Nicolas Sarkozy en préférant toujours un « Islam de France » à un « Islam en France ». Il faut que les musulmans de France adaptent leur pratique religieuse à la société dans laquelle ils vivent pour pouvoir s’y intégrer pleinement.

Comment situez-vous la France par rapport à ses voisins européens sur ces questions ? La France est beaucoup plus intolérante et hypocrite que ses voisins notamment par son refus de publier des statistiques sur les religions ou dans son refus d’identifier les problèmes religieux.

Pendant des années on a laissé se développer l’antisémitisme des banlieues (mais également l’antisémitisme mondain) et le racisme à l’endroit des musulmans. Car à force de ne jamais vouloir aborder les questions qui fâchent ou bien de toujours chercher des excuses, on a laissé s’installer les pires amalgames. Il faut briser les tabous dans ce domaine pour éviter les stigmatisations. Tout le monde sait que la majorité des musulmans de France sont des religieux tout à fait modérés mais que, à côté d’eux, il y a une minorité d’intégristes qui développent l’Islam des caves et des garages. Ce sont les musulmans modérés qui payent malheureusement la facture de la complaisance de certaines belles âmes à l’endroit de ces intégristes.

Autres remarques ? l est important de ne pas confondre laïcité et rejet des religions. Les religions sont pour le croyant un moyen d’espérer, d’appréhender l’avenir et de vaincre ses peurs. Les maîtres mots doivent donc être : respect et tolérance, mais aussi affirmation de nos valeurs judéo-chrétiennes qui sont le ciment de notre société. Ces valeurs ont manqué à la constitution européenne et explique peut-être une part du rejet du référendum, il ne faut pas avoir peur de défendre l’identité nationale dans laquelle chaque Français quelles que soient ses origines peut se reconnaître.


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