L’Observatoire des religions

Agnès Guillaume

jeudi 7 juin 2007

Belge, trois enfants, catholique.

Qu’attendez-vous du prochain Président de la République française en matière religieuse (budget des cultes, enseignement, presse, législation en matière notamment de mariage, d’avortement, d’euthanasie, de procréation ? Et en matière de sectes ?

Ma première observation est de préciser ce que l’on appelle les questions religieuses. S’agit-il d’une expérience personnelle ou d’une pratique sociale ? Si nous parlons de la pratique sociale, il me semble qu’aussi bien durant la campagne présidentielle que de manière générale, le traitement des religions en France correspond au choix qui a été fait de la laïcité de l’Etat. La notion « Islam de France » me paraît être d’ailleurs un symptôme de cette laïcité, comme une tentative de sécularisation d’une religion qui ne s’est pas encore, tel le christianisme, « fondue » dans le paysage laïc. Sur la question de l’enseignement, je voudrais simplement expliquer comment celui-ci se passe en Belgique. Le cours de « religion » est obligatoire pendant tout le cycle secondaire, et dispensé par des professeurs diplômés et payés par l’état. Dans les écoles publiques et dans les écoles privées non confessionnelles, sous ce titre de cours de religion, est proposé un choix entre un cours de morale laïque, de religion catholique, juive, islamique, protestante… suivant la demande du public scolaire. Les écoles confessionnelles, quant à elles, proposent bien évidemment la religion dont elles se réclament. J’apprécie ce système. Il permet d’ouvrir les jeunes (dans le meilleur des cas) à une manière d’appréhender le monde différente du purement scientifique et rationnel, et d’éventuellement choisir une religion qui leur conviennent –des cas de jeunes choisissant un cours de religion ou de morale différent de ce qui leur est transmis par leur milieu familial existent.

Ceci me permet de revenir à la question religieuse comme expérience personnelle (ce qui n’est pas synonyme de secrète même si elle est intime). Personnellement je déplore profondément que la dimension du sacré, de l’inconnaissable, de l’inexplicable, de l’immaîtrisable aussi bien que des siècles entiers de traditions ferventes, de richesses culturelles et morales (qui ne sont pas forcément religieuses, elles existent par exemple dans la franc-maçonnerie) soient souvent méprisées pour ne pas dire vilipendées. En tous les cas, sous-estimées. Et donc non transmises. Je pense que sur un plan personnel, chaque être a à souffrir du non développement de sa propre aspiration au sacré.

Quel rapport avec la politique ? Aucun, puisqu’il s’agit d’une expérience personnelle ? J’en vois pourtant un. Pour moi, le prochain président de la République devrait avoir dans les tâches importantes de son quinquennat, la mission de réintroduire dans tous les niveaux de la société française la possibilité d’une ouverture au sacré –quelque forme qu’elle prenne, religieuse ou laïque. Il pourrait par exemple s’exprimer sur ce que le sacré représente pour lui…. des dérives de type Bush, ne semblant pas d’actualité...


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