L’Observatoire des religions
Un grand classique de Maxime Rodinson,

Islam et capitalisme

Editions du Seuil, 1966

mardi 3 juillet 2007

Notes de lecture. Les chiffres entre parenthèses renvoient à la pagination du livre
Définition sans équivoque du commerce par Ibn Khaldoûn : le commerce est la recherche d’un gain par accroissement du fond de départ quand on achète des marchandises à bon marché et qu’on les revend plus cher, que ces marchandises consistent en esclaves, en céréales, en animaux ou en tissus . On appelle cet accroissement bénéfice. On obtient ce bénéfice en emmagasinant la marchandise et en attendant une fluctuation des cours du marché dans le sens de la hausse, ce qui procure un grand bénéfice ; ou bien en transportant ladite marchandise dans une autre région où la demande la concernant est la plus forte, ce qui procure également un fort bénéfice. Aussi un vieux négociant répondait-il à quelqu’un qui l’interrogeait sur l’essence du commerce : Je vais te la communiquer en deux mots : achète bon marché et vends cher, tu auras fait du commerce. Il exprimait de cette façon ce que nous venons d’exposer ». Ibn Khaldoûn Moqaddina, faç 5 chap 9 edition Quatremère, p. 297, ed Le Caire, 1327, p. 441 (47)
Pour Ibn Khaldoûn le marchand normal est celui qui cherche partout et toujours par tous les moyens à gagner de l’argent. Le retard dans le paiement des dettes porte préjudice au créancier parce que pendant ce laps de temps celui-ci ne peut faire fructifier son capital. Cela suppose bien que les commerçants n’ont pas l’habitude de laisser leur capital inemployé.
Ibn Khaldoûn : Dieu a créé les deux minéraux, l’or et l’argent, comme étalons de valeur pour servir de mesure pour toute accumulation de richesse. C’est pour la plupart des gens du monde ecclésiastique qui constitue la fortune possédée et le bien acquis. Si l’on se procure, dans certaines circonstances, d’autres sortes de biens , c’est seulement dans le but d’obtenir en fin de compte ces métaux précieux en plus grande quantité en tirant parti des fluctuations des cours du marché auxquelles les autres marchandises sont soumises, mais dont ils sont indemnes. Ils sont la base de tout gain, de toute acquisition et de toute fortune.
Le monde musulman médiéval a connu d’immenses fortunes en monnaie et métaux précieux. (49)
Ibn Khaldoûn signale que le placement en terres est désastreux en période d’insécurité. En temps d’ordre et de paix, au contraire, la valeur des terres augmente. Mais jamais elles ne rapportent beaucoup [...] La richesse qui comptait était essentiellement monétaire.
Grand espace du commerce : grande spécialisation
La jurisprudence religieuse condamne les pratiques qui peuvent troubler le libre jeu de l’offre et de la demande. Une tradition soit disant prophétique condamne les tarifs imposés, le « maximum », les prix fixés par l’autorité.
Biblio : Louis Massignon L’influence de l’islam au Moyen Age sur la fondation et l’essor des banques juives Bulletin d’études orientales, 1, 1931, et Opera Minora, T 1 Beyrouth 1963 Lammens, La Mecque à la veuille de l’hégire , Beyrouth, 1924 Moubarac Y, Abraham dans le Coran, Vrin, 1958 Destanne de Bernis, Islam et développement économique, Cahiers de l’ISEA, n° 106, octobre 1960 Austruy, Vocation économique de l’islam

Accueil du site | Contact | Plan du site | En résumé | Espace privé | Statistiques | visites : 274675