L’Observatoire des religions
Un grand classique de Maxime Rodinson,

Islam et capitalisme

Editions du Seuil, 1966

mardi 3 juillet 2007

Notes de lecture. Les chiffres entre parenthèses renvoient à la pagination du livre
Les Etats auxquels l’islam a succédé n’étaient pas , au moment de la conquête, de structure fortement étatique dans le domaine économique et les dirigeants musulmans , faisant fonctionner à leur profit les administrations antérieures , n’ont pas eu de tentation éthique à vaincre [...] Si la bourgeoisie n’a pas maintenu et développé sa puissance des premiers siècles de l’hégire , si les Etats dominés par une hiérarchie nobiliaire et militaire l’ont empêché de peser suffisamment sur le pouvoir politique, si la ville n’est pas parvenue à dominer suffisamment la campagne, si le capital manufacturier ne s’est pas développé à la mesure de l’Europe ou du Japon, si l’accumulation primitive capitaliste n’a jamais atteint le niveau européen , cela est dû à de tout autres facteurs que la religion musulmane .
Facteurs permanents : densité de la population, tradition d’un Etat fort nécessité par les travaux publics en milieu agricole, invasions d’Asie. (73)
Travaux hydrauliques. (76)
Le petit groupe de conquérants avait à se partager d’immenses richesses prélevées sur les pays conquis, ce qui devait permettre de donner un lot acceptable au moindre des soldats. Système de pensions prime à l’ancienneté dans le « parti ». Les chefs dépendaient de leurs troupes qu’ils devaient satisfaire pour en obtenir obéissance (85)
Idéal de justice : au maximum il est question de l’égalité de touts devant Dieu et devant les lois religieuses. Pas question de toucher à la propriété privée, ni même à celui du statut héréditaire des esclaves et des hommes libres. Dès lors les mêmes causes reproduisent continuellement les mêmes effets. Il y a des propriétaires et des gens sans propriété, des riches et des pauvres, et des esclaves et des hommes libres. Le pouvoir d’Etat normalement est aux mains des propriétaires et des riches. Il tend normalement à les favoriser. La richesse permet un luxe qui suggère non moins normalement le laxismes moral …Rien là qui ne soit banal. (87)
Dans l’ensemble, les Etats musulmans traditionnels nous offrent à travers l’histoire le spectacle d’un contraste poignant entre le luxe le plus inouï des cours et des milieux riches et la misère la plus abjecte dans laquelle croupissent les masses.
Biblio : Louis Massignon L’influence de l’islam au Moyen Age sur la fondation et l’essor des banques juives Bulletin d’études orientales, 1, 1931, et Opera Minora, T 1 Beyrouth 1963 Lammens, La Mecque à la veuille de l’hégire , Beyrouth, 1924 Moubarac Y, Abraham dans le Coran, Vrin, 1958 Destanne de Bernis, Islam et développement économique, Cahiers de l’ISEA, n° 106, octobre 1960 Austruy, Vocation économique de l’islam

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