L’Observatoire des religions

Prosélytisme juif

samedi 26 avril 2008 par Paul Sebag, Marcel Simon

Rien ne paraît plus étranger au judaïsme contemporain que le prosélytisme. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Au début de notre ère, il y avait bien un prosélytisme juif comme le montrent deux historiens Paul Sebag et Marcel Simon de manière convaincante. Et même ce prosélytisme a joué un rôle majeur dans l’histoire des premiers pas de l’Eglise et dans l’émergence de l’islam.

On a toutes raisons de penser que le prosélytisme juif , qui fut très actif dans les diverses provinces de l’Empire romain le fut aussi en Afrique. Tertullien dans son Apologétique (16, 11) se moque des païens judaïsants de Carthage, et dans Adversus Judaeos (1, 13), il reprend une discussion qui avait eu lieu entre un chrétien et un prosélyte juif . Ainsi purent être gagnés au judaïsme des éléments de toutes origines, mais surtout des indigènes puniques ou berbères.

La conversion au judaïsme fut à coup sûr freinée par les restrictions apportés par les lois romaines à la pratique de la circoncision sur d’autres hommes que les Juifs de naissance . Les païens qui voulaient se faire circoncire s’exposaient aux lourdes peines qui frappaient la castration , c’est-à-dire à la perte de leurs biens et à l’exil , et ceux qui les opéraient étaient punis de mort (Paul, Sentences, 5, 22, 3). Mais ces dispositions sévères ne semblent pas avoir empêché les juifs de faire du prosélytisme parmi leurs esclaves , et ceux-ci se convertissaient d’autant plus volontiers que leur conversion ne tardait pas à être suivie de leur affranchissement (Neher-Bernheim, R, p. 104). 25-26

Les chiffres renvoient aux paginations des deux ouvrages dont sont tirées ces notes de lecture.

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