L’Observatoire des religions

Origines théologiques du concept moderne de propriété,

Librairie Droz, Genève, Paris. 1987

dimanche 23 septembre 2007 par Marie-France Renoux-Zagamé

Le but du livre est de montrer que la vision moderne du droit de propriété n’est à de nombreux égards que le réaménagement d’éléments empruntés à la théorie du domaine développée par les théologiens de la fin du Moyen Age et du début des Temps modernes. Autrement dit, l’idée assez généralement reçue à la fin du 18e siècle que la propriété constitue la mise en œuvre d’un droit inné, ou encore naturel, de l’homme sur les choses qui l’entourent, n’est pas seulement, comme on tend communément à le penser, l’œuvre des théoriciens de l’Ecole du droit naturel moderne, mais apparaît sur de nombreux points comme la version laïcisée d’une construction dont le premier modèle se trouve chez les penseurs de l’Eglise.
Notamment, l’idée que le domaine originairement détenu par l’homme est lui aussi en son essence un droit, c’est-à-dire une puissance dont il est illégitime d’entraver le développement [...] nous semble donc fondamentalement constituer la conséquence du lien établi par la pensée théologique entre le domaine divin et le domaine humain. C’est parce que le domaine de l’homme participe du domaine de Dieu ou bien, pour certains, en prolonge l’action sur terre, le représente, qu’il constitue lui aussi, comme le domaine divin, un jus qui s’impose à tous.
Le livre de Marie-France Renoux-Zagamé, publié il y a vingt ans exactement, n’a pas pris une ride, et nous sommes heureux de le faire connaître à nos visiteurs.

Conclusion de la deuxième section.

L’intervention de Dieu n’est pas le moteur de leur pensée, et sur ce point la rupture avec les penseurs de l’Eglise est nette.
Dieu reste le dominus du monde, mais son domaine apparaît sans commune mesure avec celui qu’exerce l’homme sur les choses. Le domaine de l’homme repose toujours sur la volonté de Dieu et l’ordre de la nature. Mais il n’est plus fondé que sur la nature humaine, et, si les nécessités de cette nature traduisent la volonté du Créateur de permettre à l’homme d’user des choses, cette concession n’est que la permission d’user d’un monde d’où Dieu s’est retiré, non une sorte de délégation par laquelle Dieu inviterait l’homme à participer au domaine par lequel il gouverne les choses. Ces références à l’origine divine du domaine humain vont au reste progressivement s’effacer au milieu d’une indifférence assez générale, et c’est bien là la preuve qu’elles ne jouaient pas un rôle essentiel. 195

Les chiffres de ces notes de lecture renvoient à la pagination de l’ouvrage.

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