L’Observatoire des religions
Un grand classique de Maxime Rodinson,

Islam et capitalisme

Editions du Seuil, 1966

mardi 3 juillet 2007

Notes de lecture. Les chiffres entre parenthèses renvoient à la pagination du livre
Il ne pouvait en être autrement. Le surplus social [...] était trop faible pour permettre à la fois le luxe des éléments dominants de la société et l‘aisance des pauvres [...] Quelques soient les prescriptions morales et idéologiquement, dans tout Etat les droits et intérêts de chaque catégorie sociale dans le partage ne sont pleinement respectées que si elle est représentée dans l’Etat et si elle dispose d’une force qui impose le respect. Or, ni l’une ni l’autre de ces conditions n’était remplie dans l’Etat musulman traditionnel. L’activité de bienfaisance ne faisait qu’adoucir pour une minorité les effets désastreux d’une telle situation.
Les appels du texte sacré à la justice et à la charité n’ont été ni plus ni moins entendus que dans les autres religions. Ils ont été suffisants pour provoquer un nombre important d’actes de bienfaisance publics et privés, insuffisants pour que l’élite dirigeante se sente obligée de s’efforcer d’assurer un mode de vie décent à la majorité, fût-ce au prix de son propre confort. Inévitable qu’il en soit ainsi du moment que les prescriptions divines n’imposaient ni le contrôle politique effectif, sanctionné de la minorité par la majorité, ni l’affaiblissement ou l’anéantissement de la base du pouvoir de la minorité par la mise en question du droit de propriété (88 89)
La sunna n’a pas été plus loin dans la limitation du droit de propriété (89)
On a particulièrement mis en cause la nonchalance des musulmans appuyée sur le fatalisme que diffuserait l’idéologie. (91)
Le Coran est un livre sacré où la rationalité tient une grande place. De façon très caractéristique, la Révélation confiée par Dieu aux divers prophètes à travers les âges et en dernier lieu à Mahomet, le phénomène le plus irrationnel qui soit dans une religion , est considérée elle-même comme un instrument d’argumentation. (93)
Le Coran ne cesse de développer les preuves rationnelles de la toute puissance d’Allah : les merveilles de la création, par exemple la gestation de l’animal, les mouvements des luminaires célestes, les phénomènes atmosphériques, la variété de la vie animale et végétale si merveilleusement adaptée aux besoins des hommes.
Biblio : Louis Massignon L’influence de l’islam au Moyen Age sur la fondation et l’essor des banques juives Bulletin d’études orientales, 1, 1931, et Opera Minora, T 1 Beyrouth 1963 Lammens, La Mecque à la veuille de l’hégire , Beyrouth, 1924 Moubarac Y, Abraham dans le Coran, Vrin, 1958 Destanne de Bernis, Islam et développement économique, Cahiers de l’ISEA, n° 106, octobre 1960 Austruy, Vocation économique de l’islam

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