L’Observatoire des religions
Père, Fils et Saint Esprit

L’hérésie arienne

Trinité et messianisme

jeudi 21 juin 2007

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, autrement dit la Trinité, met au cœur de la foi chrétienne la question de la paternité du Père et de la filiation du Fils. Au-delà c’est le messianisme qui est en cause. Mais d’abord aussi nos propres identités.

En 589, l’Occident prend un malin plaisir, pour faire du zèle dans la doctrine, à ajouter au Symbole de Nicée, une formule qui va relancer la querelle : le Saint Esprit procède du Père et du Fils – ex patre filioque procedit. On va se battre jusqu’au sang pour ce filioque. La formule est adoptée par les Gaulois, les Germains, plus tard par Charlemagne. Les papes romains en autorisent l’usage, mais se refusent à l’adopter officiellement. Ils ont trop peur que les Byzantins se scandalisent de cette adjonction au Symbole de Nicée qu’ils considèrent comme intangible.
Le troisième et dernier article du credo nicéen tenait tout entier dans cette formule « Et [nous croyons] au Saint-Esprit ». La consubstantialité du Père et du Fils étant mise en place, on pouvait s’en tenir là. On pouvait se passer du filioque. Pourquoi redire ce qui a déjà été dit, réécrire ce qui a déjà été écrit ? En introduisant leur formule, les occidentaux faisaient de la provocation : le déjà-dit, pourquoi ne pas le redire ? si vous n’acceptez pas de le redire avec nous, c’est l’aveu que ce qui a été dit a été mal dit. A refuser le filioque, c’est rouvrir les Temps messianiques.
Tout cela se terminera en 1054 lorsqu’un certain Cardinal Humbert, légat du pape, déposera sur l’autel de Sainte, à Constantinople, une bulle d’excommunication où est reproché aux byzantin de n’avoir pas inséré le filioque dans leur credo. Rome leur reproche aussi le mariage des prêtres. Tout se tient. Alors le schisme est consommé et il dure encore. Mais du moins l’Occident a été préservé d’un césaro-papisme qui fera, finalement, la perte de Byzance
En 1453, la Deuxième Rome tombe aux mains de l’islam. Mahomet II entre dans Sainte Sophie sur son cheval, du sang jusqu’au poitrail, hommes, femmes et enfants qui y avaient trouvé refuge ayant été égorgés. Moscou, qui se qualifie alors de « Troisième Rome » refuse d’introduire le filioque dans son credo. Le messianisme a conquis de nouveaux et immenses territoires. On connaît la suite. Un « petit père des peuples », caricature d’Abraham, père des peuples, inventera une nouvelle Terre promise pour des centaine de millions de morts


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