L’Observatoire des religions
Un nouvel opium du peuple ?

La religion écologique

Bjorn Lomborg, L’Ecologie sceptique, Le véritable état de la planète, préface de Claude allègre, traduit de l’anglais par Anne Terre, Le Cherche-Midi, 743 p. , 26 e.

dimanche 1er juillet 2007

Le discours catastrophique qui domine chez les écologistes pourrait bien être la plus grande imposture de notre temps, une sorte de nouvel opium qui après avoir drogué les intellectuels et les politiciens, fourvoierait le bon peuple. Telle est la conclusion que l’on tire après la lecture du pavé de 750 pages de Bjorn Lomborg qui démonte pièce à pièce la machine rhétorique des Verts. Professeur de statistiques à l’Université d’Aarthus au Danemark, l’auteur a été longtemps membre de Geenpeace. Un jour il est tombé sur une interview de l’économiste américain conservateur, Julian Simon, qui soutenait que la plupart des connaissances traditionnelles que nous avons de l’environnement étaient erronées. Avec ses étudiants, le statisticien danois a eu la curiosité de vérifier les données de Simon, pensant qu’il s’agissait purement et simplement d’une propagande américaine de droite. Ce fut son chemin de Damas. La thèse du Professeur Simon était juste. Depuis, M. Lomborg ne cesse de répandre cette nouvelle « bonne nouvelle » : la planète se porte mieux non seulement chez les pays riches mais aussi chez les « damnés de la Terre ».

Comment expliquer qu’un nouvel opium ait ainsi drogué tant d’intellectuels et de politiciens ? Les media sont en partie responsables, qui sont à la recherche d’informations sensationnelles. Les catastrophes font vendre plus de papier que la nouvelle toute prosaïque du progrès général du niveau de vie. Mais on doit compter aussi avec l’intérêt des organismes de protection de l’environnement qui ont pullulé ces dernières années. Il faut justifier les crédits et les emplois des instituts de recherche spécialisés dans ce domaine. Comme le dit très bien M. Lomborg, « les organisations environnementalistes ont nettement intérêt à présenter un environnement en mauvais état pour lequel il faut agir au plus vite ». Quant aux politiciens, le maniement démagogique de la « peur verte », l’exploitation du mythe toujours vivant de l’Age d’Or, la nostalgie de mondes révolus, permettent de justifier de nouveaux impôts, et un agrandissement du périmètre étatique qui accroît leur propre influence.
Le pire, comme le remarque M. Lomborg, c’est que discours écologique a perdu la référence à l’homme. Sans cette référence il n’y a plus aucune limite à la pression des lobbies et des lubies. Si nous ne prenons pas l’homme comme mesure de toutes choses, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi nous choisissons de sauver certains fonds marins, de sauvegarder certains grands singes, de protéger baleines et éléphants tout en continuant à abattre du bétail pour le manger ? Pourquoi ce même bétail n’aurait-il pas le même droit de vivre que la faune des fonds océaniques ?

Bjorn Lomborg, L’Ecologie sceptique, Le véritable état de la planète, préface de Claude allègre, traduit de l’anglais par Anne Terre, Le Cherche-Midi, 743 p. , 26 e. Lire aussi, sur le même thème, Laurent Larcher, La Face cachée de l’écologie, Cerf, 270 p., 24 e


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