L’Observatoire des religions
Qu’est-ce qui est juste ?

La justice comme équité, de Rawls

samedi 4 août 2007

L’édition française fait des progrès dans la traduction des oeuvres de John Rawls. Il avait fallu attendre de 1971 à 1987 pour que A Theory of Justice soit disponible en français. Pour La Justice comme équité, le délai a été réduit à deux ans. On doit cette célérité à l’un de ses anciens élèves à Harvard, Bertrand Guillarme. Rawls est mort le 24 novembre 2002. Ce livre est donc une manière de testament. D’autant plus utile qu’il vient redresser les contresens qui avaient été faits dans notre pays au sujet du philosophe américain.

DROIT DE PROPRIÉTÉ

Errare humanum est, perseverare diabolicum. Du paradis où il se trouve certainement, on ne voudrait pas le faire descendre dans les enfers pavés de bonnes intentions. Mais, force est tout de même de constater que Rawls persiste dans la voie qu’il avait tracée dès sa première oeuvre. On ne pourra ici en donner qu’un seul exemple. L’auteur ne considère pas comme « fondamental » le droit de propriété des ressources naturelles et des moyens de production en général, y compris les droits d’acquisition et de donation, parce qu’un tel droit, selon lui, n’est pas nécessaire au développement adéquat et au plein exercice des facultés morales, et n’est donc pas une base essentielle du respect de soi-même comme le droit de propriété sur les autres biens susceptibles d’appropriation. Mais Rawls ne justifie pas cette affirmation, qui peut servir, et a servi, à légitimer des collectivisations de ressources naturelles et/ou de moyens de production - avec les résultats que l’on sait -, et que le philosophe américain connaissait.

John Rawls, La justice comme équité, une reformulation de Théorie de la justice, La Découverte

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