L’Observatoire des religions

Deux définitions de la religion

L’une mauvaise, l’autre bonne

mardi 29 avril 2008 par Camille Tarot

Deux définitions classiques et concurrentes de la religion existent en latin, et cela a longtemps embarrassé les philologues. Grâce à Benveniste en particulier, on comprend que cela vient d’un coup de force sémantique des chrétiens.
La définition la plus connue dérive religio de religare, qui a donné le français relier. On la trouve chez le chrétien Lactance [Divinae Insitutiones, 4, 28, 12] : « Le nom de religion a été tiré du lien de piété (a vinculo pietatis), parce que Dieu se lie l’ homme (sibi Deus religaverit) et l’attache par la piété. ».
L’autre dérive religio de relegere ; elle est chez Cicéron [De natura Deorum, 2, 28, 72] : « Ceux qui reprenaient (retractarent) diligemment et en quelque sorte relegerent toutes choses qui se rapportent au culte des dieux, ceux-là ont été appelés religiosi de religere, comme elegantes de eligere et diligentes de diligere. Tous ces mots ont en effet le même sens de legere que religiosus. »

Le christianisme est une création permanente et il est donc vain d’en chercher une essence, une idée antérieure à l’ensemble de ses médiations successives. 136
Le christianisme est bien un phénomène colossal de communication (l’islam aussi et tant d’autres), et les Eglises ont eu un rôle médiologique immense et, en Occident jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, comme un monopole que seule l’apparition de la presse a permis de contourner. En se présentant comme une révélation, le christianisme revendique une "supercommunication" qu’il est bon de replonger dans ses formes humaines...138
Schmidt (1994) conteste la thèse du déclin du Temple qui est d’emblée acquise pour Sachot. Le judaïsme d’alors, celui d’où naîtra le christianisme , est bien le judaïsme du second Temple , qui s’est construit autour de "la pensée du Temple" . Si l’ institution connaît une crise après l’expansion hasmonéenne, cette crise n’est pas un déclin , c’est-à-dire une fin programmée. 139 ...
Diaspora et Terre sainte , synagogues et Temple font système plus qu’ils ne s’opposent . Le nier nierait que la perte de la Terre sainte et la destruction du Temple aient transformé la diaspora en exil (galut).

Camille Tarot (2008), Le symbolique et le sacré, Théories de la religion, La Découverte. Les chiffres de ces nots de lecture renvoient au pagination des ouvrages cités.

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