L’Observatoire des religions

Jacques, l’apôtre oublié

mardi 12 juin 2007

Il suffit de lire les Actes des Apôtres ou les Epitres de Paul pour s’apercevoir que le chef de l’Eglise primitive n’est autre que Jacques le frère de Jésus. Pourquoi ? Jésus avait-il donc un frère. L’énigme intrigue d’autant plus que ce Jacques-là ne faisait pas partie des Douze du vivant de Jésus. . Pourquoi Jacques a ensuite été sinon "oublié", du moins fortement minoré (on l’appelle aussi Jacques le Mineur) dans la tradition de l’Eglise est l’une des énigmes les plus troublantes du début du Christianisme. A) La destruction du Temple B) Le problème de la circoncision C) Après la destruction du Temple

B) Le problème de la circoncision

Dix-sept ans après sa conversion, Paul se rend pour la seconde fois à Jérusalem en compagnie de deux de ses disciples, Barnabas et Tite. Ce dernier est un Grec incirconcis. Dans l’Epître aux Galates, Paul expose la manière dont il prêche l’Evangile aux païens. Il fait cet exposé dans un entretien particulier avec les « personnes les plus considérées » pour ne pas perdre de temps. de peur de courir ou d’avoir couru en vain. Ces personnages, que l’Apôtre ne nomme pas, « ce qu’ils étaient alors, peu m’importe » n’ont pas imposé la circoncision à Tite . Cette réunion est parfois appelé le Concile de Jérusalem. Voici le récit qu’en fait Paul : Au contraire, ils virent que l’évangélisation des incirconcis m’avait été confiée, comme à Pierre celle des circoncis - car celui qui avait agi en Pierre pour l’apostolat des circoncis avait aussi agi en moi en faveur des païens - et , reconnaissant la grâce qui m’a été donnée, Jacques, Céphas et Jean, considérés comme des colonnes, nous donnèrent la main, à moi et à Barnabas, en signe de communion, afin que nous allions, nous, vers les païens, eux vers les circoncis. Simplement nous aurions à nous souvenir des pauvres, ce que j’ai eu bien soin de faire. D’après ce que nous dit Paul, une sorte de division du travail s’est donc instaurée entre lui, l’Apôtre des Gentils, et Pierre ; en même temps est apparemment réglé le problème de l’incirconcision des païens. Toutefois, les relations entre les deux apôtres ne sont pas de tout repos comme le montre une scène plutôt pénible qui se déroule par la suite à Antioche, capitale de la Syrie, fenêtre de Rome sur l’Orient et l’une des plus belles villes de l’Empire. C’est là que Paul s’oppose ouvertement à Pierre, car, nous dit l’Apôtre des Gentils, « [Pierre] s’était mis dans son tort ». En effet, dans un premier temps, Pierre prend ses repas avec les païens. Puis, après l’arrivée de gens envoyés par Jacques, il se mit à se dérober et se tint à l’écart par crainte des circoncis ; et les autres Juifs entrèrent dans son jeu, de sorte que Barnabas lui-même fut entraîné dans ce double jeu . Pierre est remis vertement à sa place par l’Apôtre des Gentils. Mais la scène montre aussi que le problème de l’incirconcision que l’on croyait réglé depuis la réunion de Jérusalem, ne l’est sans doute pas tout à fait aux yeux des apôtres vivant encore à Jérusalem. Dans une autre épître, Paul insiste encore sur ce problème : Moi Paul, je vous le dis : si vous vous faîtes circoncire, Christ ne vous servira plus de rien. Et j’atteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi intégralement. Vous avez rompu avec le Christ, si vous placez votre justice dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce . Non seulement les païens n’ont pas à se faire circoncire, mais encore en le faisant, ils rompraient avec le Christ. Là encore, Paul vise à un message clair et sans équivoque. En termes contemporains on dirait que son objectif, c’est l’ « homme sans qualité » : Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ. Et si vous appartenez au Christ, c’est donc que vous êtes la descendance d’Abraham ; selon la promesse, vous êtes héritiers. Paul, en réglant le problème de la circoncision - pratique qui répugnait aux gréco-romains - ouvre à tous les païens un accès au judaïsme. Désormais il va être possible sans être juif d’adhérer au monothéisme juif - possible donc de croire en un seul Dieu sans être obligé de se circoncire et de respecter un certain nombre d’interdits alimentaires - bref, en continuant à vivre comme tout le monde ! Juif, comment Paul pourrait-il renoncer à ce trésor que constitue la très grande ancienneté du judaïsme ? Mais nous disposons dans les Actes des Apôtres d’une autre version du « Concile de Jérusalem ». Dans cette version, Jacques prend la parole en dernier, après Paul, et clôt la discussion. Et il le fait par un verset que l’on peut dire strictement mosaïque : Depuis des générations, en effet, Moïse dispose de prédicateurs dans chaque ville, puisqu’on le lit tous les sabbats dans les synagogues. Qui semble signifier : vous pouvez toujours ne pas circoncire les païens, cela n’empêchera pas le judaïsme de continuer à être pratiqué. Jérôme Murphy-O’Connor, Histoire de Paul de Tarse, Le voyageur du Christ, traduit de l’anglais par Dominique Barrios-Delgado, Cerf, 293 p. Voici sa version. Paul et son disciple Barnabé quittent Antioche pour se rendre à Jérusalem et régler le problème de la circoncision des convertis non juifs. Sur place, Paul se trouve face à Jacques, le frère de Jésus, devenu le leader de la communauté chrétienne après avoir supplanté Pierre. Paul, assure Mr. Murphy-O’Connor, avait toutes raisons de croire que Jacques était derrière les chrétiens de Jérusalem qui avaient jeté le trouble dans l’Eglise d’Antioche en affirmant que les candidats à la conversion devaient d’abord se faire juifs, et donc se circoncire. Pourtant Jacques accepte que les chrétiens soient dispensés de subir cette délicate et douloureuse opération. Pourquoi donc ? Pour des raisons politiques, nous dit l’historien : alors que la tension montait entre juifs et Romains, il était imprudent de circoncire les convertis païens, car cela reviendrait à les accepter publiquement comme juifs, alors que l’on ne pouvait compter qu’ils fussent prêts à se sacrifier pour le Temple et la Loi. Mais, de retour à Antioche, Paul découvre dans l’attitude même de Pierre, venu le visiter par "simple curiosité" (espionnage) selon l’historien, que l’épineux problème n’est pas réglé En effet, dans un premier temps, Pierre prend ses repas avec les païens. Puis, après l’arrivée de gens envoyés par Jacques, des "fauteurs de trouble", nous dit l’historien, il se dérobe et se tient à l’écart par crainte des circoncis ; et les autres Juifs entrent dans son jeu, de sorte que Barnabas lui-même est entraîné dans cette équivoque. Paul sermonne durement le peureux Pierre devant tout le monde. Il n’empêche : la manoeuvre des envoyés de Jacques a réussi qui visait à faire cesser toute commensalité et à tracer une frontière entre chrétiens venus du paganisme et chrétiens venus du judaïsme. Paul a perdu la bataille : la communauté chrétienne d’Antioche cesse d’être véritablement mixte. Du coup, Paul ne souhaite plus appartenir à l’Eglise d’Antioche qu’il quittera "complètement dégoûté". Perdant son "accréditation" et son statut d’apôtre légitime, il se sent complètement isolé. Dès lors, il se déclare envoyé par le Christ - ce qui laissait entendre que seul Jésus avait le droit de juger de l’authenticité de l’évangile de Paul. "C’est pourquoi, explique Mr. Murphy-O’Connor, Paul accepte la responsabilité d’être un autre Jésus pour ses convertis ; il est absolument seul dans tout le Nouveau Testament à présenter explicitement le ministre comme alter Christus" (les italiques sont dans le texte). Dès lors le fossé ne cessera de grandir entre ceux pour qui le Christ était au-dessus de tout et ceux pour qui il était subordonné à la Loi. Comment un schisme a-t-il pu être évité dans ces conditions, c’est ce que l’on ne comprend pas. Les Actes nous racontent aussi une troisième et dernière visite de Paul à Jérusalem. C’est encore chez Jacques que se rend le visiteur, où tous les anciens se trouvaient aussi. Pas de doute : Le chef de l’Eglise primitive, c’est donc bien le frère de Jésus. Pourquoi ? L’énigme intrigue d’autant plus que ce Jacques-là ne faisait pas partie des Douze du vivant de Jésus. On ne peut espérer trouver une réponse à cette question sans s’interroger sur l’identité de ce Jacques, frère de Jésus. Dans la tradition catholique, la Vierge Marie, étant morte dans son état virginal (impliqué par le dogme de l’Assomption), n’a pu enfanter qu’une seul fois. Il ne peut donc s’agir que d’un cousin, appelé frère selon la coutume en vigueur dans de nombreux pays méditerranéens. Pour d’autres exégèses, Jésus une fois né, Marie aurait eu une vie conjugale normale avec Joseph, et Jacques serait l’un des fruits de cette union. D’autres encore ont fait de Jacques le propre père de Jésus ! [1]

Quelle que soit la version que l’on retienne, et nous nous garderons bien d’en choisir aucune, l’important est le sens premier de l’expression « Jacques, frère de Jésus » : Jacques est du même sang que Jésus, et c’est pour cela qu’il est le chef de l’Eglise primitive. C’est une logique dynastique. Jacques est apparenté à Jésus qui est lui même apparenté à David, nous l’avons rappelé. Jacques est de sang royal. C’est à lui de prendre la succession, non à Pierre ou à Paul ou à Jean. Deux lignées, dans cette longue histoire juive, se conjuguent, s’opposent ou se succèdent : la lignée royale qui trouve son origine en David, la lignée sacerdotale que l’on fait remonter Aaron - toutes deux lignées selon la chair. Donc d’une part une dynastie royale, de l’autre une dynastie sacerdotale, l’une et l’autre se reproduisant de père en fils avec les risques habituels de ce genre de succession. Or, détail qui va s’avérer fondamental, les Evangiles font descendre le Christ de la première et non de la seconde lignée. Puisque Jésus est fils de roi, et non de prêtre, la filiation sacerdotale par la chair est rompue - rupture que confirme le célibat du Christ lui-même. Et voilà pourtant que le frère prend le relais. La force d’une telle logique ne doit pas être sous-estimée. Jusqu’à l’invention de l’Etat moderne, le pouvoir était souvent dévolu aux rejetons d’une race dite royale depuis la nuit des temps. Le fait même d’avoir exercé le pouvoir donnait au sang de cette race un caractère quasi-religieux. Peu importait alors l’ordre de primogéniture. Quand la succession était ouverte après la mort du roi, à la limite n’importe quel rejeton de sang royal pouvait prétendre à la couronne, dans la mesure où ce sang était censé le prédisposer au pouvoir par ses caractères religieux ou, si l’on veut, magiques. A défaut d’enfants directs on allait parfois jusqu’à aller chercher un très lointain cousin pour le faire monter sur le trône avec ou sans son consentement. Même dans l’Etat moderne, cette pratique resurgit parfois. La présence de Jacques à la tête de l’ « église de Jérusalem » est le signe manifeste que cette communauté obéit à cette logique-là, de même que les évangiles de Luc et de Jean quand ils rappellent la filiation davidique de Jésus. Dans le contexte juif, cette logique dynastique ne peut être qu’une logique messianique. L’Eglise primitive dirigée par Jacques attend le retour imminent du « roi des Juifs », ressuscité d’entre les morts. Il n’est donc pas question de quitter Jérusalem, encore moins de s’éloigner du Temple. C’est là que quelque chose doit se passer. Quoi ? S’agit-il de restaurer la monarchie et l’indépendance juives ? Difficile d’en décider. Mais d’une manière ou d’une autre, ce quelque chose se traduira par un changement de pouvoir à la tête du Temple. D’autre part nous savons, par l’Epître qui lui est attribuée, que Jacques avait une vision quasiment révolutionnaire de la vie économique, allant jusqu’à mettre en cause la relation du patron avec ses salariés, et que d’autre part il mettait en cause l’enseignement paulinien. Enfin, nous connaissons par les aventures de Paul qu’un réseau financier puissant était en train de se constituer avec une rapidité fulgurante. Par petites touches, un portrait du frère de Jésus finit par apparaître en chef d’une espèce d’une bande révolutionnaire clandestine infiltrée au sein même du judaïsme. Epître de Jacques (Jc)

L’Epître de Jacques, le frère du Seigneur, n’a été admise dans le canon qu’au XVIème siècle après de longs débats, notamment parce que Jésus-Christ n’y est invoqué que deux fois, d’une façon très allusive, que la doctrine de Paul y est mise en cause, et qu’est extrême la sévérité de ses attaques contre les riches. Autant de points qui intéressant notre propos. Sur les riches : Ecoutez, mes frères bien-aimés ! N’est-ce pas Dieu qui a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour les rendre riches en foi et héritiers du Royaume qu’il a promis à ceux qui L’aiment ? Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. N’est-ce pas les riches qui vous oppriment ? Eux encore qui vous traînent devant les tribunaux ? N’est-ce pas eux qui diffament le beau nom qu’on invoque sur vous ? (Jc 2, 5-7) L’accusation s’aggrave plus loin : Alors, vous qui dites : « Aujourd’hui - ou demain -, nous irons dans telle ville, nous y passerons un an, nous ferons du commerce, nous gagnerons de l’argent », et qui ne savez même pas, le jour suivant, ce que sera votre vie, car vous êtes une vapeur, qui paraît un instant puis disparaît. Au lieu de dire : « Si le Seigneur le veut bien, nous vivrons et ferons ceci ou cela », vous tirez fierté de vos fanfaronnades. Toute fierté de ce genre est mauvaise. Qui donc sait faire le bien et ne le fait pas se charge d’un péché. Alors, vous les riches, pleurez à grand bruit sur les malheurs qui vous attendent ! Votre richesse est pourrie, vos vêtements rongés de vers, votre or et votre argent rouillent et leur rouille servira contre de vous de témoignage, elle dévorera vos chairs comme un feu. Vous vous êtes constitué des réserves à la fin des temps ! Voyez le salaire des ouvriers qui ont fait la récolte dans vos champs : retenu par vous, il crie et les clameurs des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur Sabaoth. Vous avez eu sur terre une vie de confort et de luxe, vous vous êtes repus aux jours du carnage. Vous avez condamné, vous avez assassiné le juste : il ne vous résiste pas (Jc, 4 13-17, 5 1-6) Paul ne nous avait habitués à un tel ton. Une déviation possible de sa doctrine est elle-même mise en cause : A quoi bon, mes frères, dire qu’on a de la foi, si l’on n’a pas d’oeuvres ? La foi peut-elle sauver dans ce cas ? Si un frère ou une sœur n’ont rien à se mettre et pas de quoi manger tous les jours, et que l’un de vous leur dise : « Allez en paix, mettez vous au chaud et bon appétit », sans que vous leur donniez de quoi subsister, à quoi bon ? De même la foi qui n’aurait pas d’oeuvres est morte dans on isolement. (Jc 2, 14-17)

Ainsi, ce qui nous est décrit des premières communautés chrétiennes avant la chute de Rome peut résumer en ceci : d’une part, une tentative d’évangélisation des païens que l’on dispense de la circoncision, d’autre part l’implantation d’une église chrétienne pour les juifs à Jérusalem même, tout près du Temple et l’utilisant pour ses prières appelée « judéo-chrétienne » par les historiens, et dirigée par le frère du Seigneur. La description que font les Actes de la Jérusalem d’avant 70 fait d’ailleurs bien comprendre l’attachement des Apôtres à la Ville sainte et à son temple. Là résidaient des Juifs pieux, venant de toutes les nations qui sont sous le ciel. Pourquoi prendre le risque de quitter la capitale du judaïsme mondial alors même que des éléments juifs de toutes les nations y sont présent ? S’il s’agit de transformer le judaïsme de l’intérieur, autant essayer de contrôler le centre névralgique de l’édifice. Le prodige de la Pentecôte, fête juive, s’adresse d’abord aux juifs, comme le montre une lecture attentive des premiers versets du chapitre 2 des Actes. Qui sont ces juifs venus du monde entiers ? Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici, tous, tant Juifs que prosélytes, qui entendent les Apôtres dans leur langue maternelle. Pour faire bonne mesure, on y ajoute Crétois et Arabes. Mais l’essentiel est bien constitué par des membres de la diaspora. La fin du discours de Pierre, du reste, confirme qu’il s’est bien adressé à toute la maison d’Israël. Cependant, l’une et l’autre églises sont subsumées dans un même système de collecte qui a pour centre Jérusalem, selon le propre modèle du Temple. Et voici que le Temple est détruit.

[1] Joseph en effet aurait eu d’un premier mariage quatre fils : Jacques, Josès, Jude, Juste, et Simon, et deux filles. C’est ainsi du reste que l’on peut interpréter Marc 6,3. Donc Jacques serait le fils de Joseph. Ce dernier n’était pas seulement charpentier de son état, mais aussi docteur de la loi. Et « prêtre dans le temple du Seigneur ». Marie, fille d’Anne, qui se croyait stérile, avait été offerte au Temple. Dès la puberté la voici confiée à un protecteur si possible âgé et pieux. C’est Joseph. Il l’emmène chez lui. Et c’est là qu’elle connaît Jacques, au sens biblique du terme. Jésus serait le fruit de cette union. Pour éviter le scandale, et couvrir la faute de l’un de ses fils, Joseph aurait accepté de garder chez lui Marie et l’enfant, et même de l’épouser pour que l’enfant qu’elle porte ne soit pas un bâtard, mais surtout parce qu’il s’agit d’un enfant de son propre sang. Cette version est donnée par Jean-Louis Maisonneuve, , licencié en théologie, dans son livre Jésus sans l’Eglise, Calmann-Lévy, en s’appuyant notamment sur deux textes apocryphes : le Protévangile de Jacques, l’Histoire de Joseph le Charpentier. En 4ème de couverture, il est précisé que l’auteur « après avoir quitté la compagnie de Jésus, s’est lancé dans une vaste recherche personnelle sur les sources de la Bible et des Evangiles ».


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